À propos de l'art
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Photo 2007 du peintre David Gatier, né le 03/02/1974 à Rochefort sur mer en Charente Maritime.
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L'essence de l'homme est la liberté. L'art n'est-il pas pour lui le moyen d'exprimer cette liberté ?
L'art permet à l'homme de s'auto-créer, de se régénérer sans cesse et librement, sans finalité unique et supérieure. Cette liberté d'évolution, qui est commune et universelle à l'humanité entière, est soumise à une condition : l'harmonie. Ce principe d'harmonie est en fait le constituant primordial, la « brique élémentaire », de la réalité totale et humaine. Il est une relation, un équilibre dynamique — dynamique en ce qu'il ne tend jamais vers la stabilité. Il est un mouvement, une pulsation.
L'homme ne peut donc s'auto-créer, que s'il agit justement, en respectant précisément la liberté qui le fonde en tant qu'être humain, c'est-à-dire en suivant le principe d'harmonie. L'expression de cette liberté permise par l'art, qui n'a de raison d'être qu'à travers le collectif, est organisée et régulée dans l'homme par le centre de l'être. Le centre de l'être, composé d'une somme de régulations harmonieuses non-conscientes, est pour l'homme le garant de son intégrité et de son unité à travers ses auto-créations successives, tout au long de sa vie.
Placer ainsi l'œuvre d'art au niveau de l'expression de cette liberté, et donc au niveau du centre de l'être, revient à la maintenir sous la ligne de conscience, c'est-à-dire hors du champ de la connaissance et du savoir. Ceci implique qu'elle ne relève ni de la narration, de l'assemblage d'images mentales et donc des sentiments caractéristiques de la conscience primaire, ni du verbal ou du symbole, qui sont l'interprétation de ces images grâce à la mémoire et à l'imagination par la réflexion. L'œuvre d'art ne peut donc être en aucun cas la transposition, quel qu'en soit le support, d'images mentales ou de sentiments, car cela constituerait une interprétation qui la placerait automatiquement dans le champ du savoir. C'est pourquoi l'œuvre d'art ne doit être ni figurative, ni abstraite, car l'abstraction est avant tout une symbolisation, et ne peut être par conséquent le fruit du dessin.
L'œuvre d'art, ne relevant donc ni de la narration ni du verbal, se compose simplement d'une modulation de la matière, d'un équilibre dynamique de différentes densités d'énergies ou de forces. L’œuvre d'art, cette modulation de la matière justement calculée, insérée dans le monde (l'architecture), doit donc amener le spectateur à prendre conscience de sa liberté (le sentiment poétique), tout en le poussant à agir harmonieusement envers les autres hommes (l'action tragique).
Quant à l'artiste, qui est conscient de sa liberté, il est celui qui, en partant d'un matériau comme la couleur (la peinture), le volume (la sculpture), le son (la musique), le mouvement (la danse), doit arriver, en s'appuyant au cours de sa recherche sur la réflexion et les images, à créer cette juste modulation de la matière. La nature du processus de création, qui relève en partie du savoir et de l'individualité de l'artiste, est donc bien distincte de celle universelle de l'œuvre.
Le rôle de l'art, ainsi défini, indépendant de toute culture ou société particulière, est de fonder le savoir de façon harmonieuse. Toute morale, tout pouvoir, toute politique repose sur le savoir. Que le savoir dévie de l'harmonie, et c'est l'ensemble de l'humanité qui entre en guerre.
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